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Nouvelles

Cinquième pèlerinage orthodoxe - le 07/04/2016 @ 17:54

Le samedi 9 avril 2016

la paroisse Saint Job d'Uccle vous invite à participer

au cinquième pèlerinage orthodoxe,

qui nous mènera à Incourt, en Hesbaye, entre Wavre et

sur les traces de Sainte Ragenufle.

Un car partira de devant l’église  Saint-Job, 19 av. De Fré  à 10 h00

Rendez-vous à 11 h 00 devant la collégiale d’Incourt

Au programme :

Exposé de la vie de la sainte, en français et russe.

Moleben à la sainte, suivi

d' une marche vers la source Sainte-Ragenufle au chant de l' acathiste.

Pique-nique (emporter ses provisions).

Retour à Bruxelles vers 16 heures.

Liturgie des Dons présanctifiés - le 27/03/2016 @ 19:53

En l'absence des pères Léonide et Vassili ce mercredi 30, l'office des dons présanctifiés est annulé.

Attentats de Bruxelles - le 25/03/2016 @ 17:47

Après la liturgie des Dons présanctifiés de mercredi dernier, le père Léonide a célébré une panikhide à la mémoire des victimes des événements tragiques survenus le 22 mars. Au nom de tous les paroissiens de notre église, le Conseil de la paroisse exprime sa totale solidarité, son empathie et sa compassion envers les familles et les proches.

La page du père Léonide - le 17/03/2016 @ 00:17

Souvenirs sur le starets Nicolas Gourianov de l'île de Zalit

Le père Nikolaï Gourianov (24 mai 1909 au village de Tchoudskie Zakhody, gouvernement de Saint-Pétersbourg — 24 août 2002 à Zalit, oblast de Pskov) archiprêtre mitré. C’ est l’un des startsy les plus respectés dans l’Église orthodoxe russe de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. De 1958 à sa mort il a célébré dans le diocèse de Pskov, à l’église Saint-Nicolas sur l’île de Talabsk (Zalita) sur le lac de Pskov.

Pour lire l'article, cliquez ici

Interview - le 14/03/2016 @ 17:13

Dimitri de Heering :  "J’aime la Russie, mais peut-être pas la même (que vous)"


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Lorsqu’on vient le dimanche à la liturgie à l’église Saint-Job de Bruxelles, on ne peut pas manquer de remarquer du regard un paroissien à la haute stature, aux cheveux gris qui, à la suite du prêtre, prononce son homélie en français. On s’étonne de la quantité de phrases longues et compliquées de l’homélie qu’il arrive à retenir et à traduire mot pour mot à l’usage des paroissiens francophones de l’église. Ce géant charismatique, Dimitri Alexéiévitch de Heering, vient d’une famille aristocratique de la première vague de l’émigration russe, c’est le héros de cette nouvelle interview pour notre rubrique du même nom. Mon choix n’est pas tombé par hasard sur cet homme. Car Dimitri Alexéiévitch, suivant une tradition familiale, est non seulement l’un des paroissiens les plus actifs, mais un savant et un théologien, il a pu effacer toutes les contradictions entre la science et la religion, au moins pour lui-même.
 
Dimitri Alexéiévitch, racontez-nous s’il vous plaît comment vous vous êtes trouvé en Belgique ?

Je suis né en Belgique, et mes parents y sont arrivés à différents moments. Mon père s’est trouvé ici dans les années 1920. Il a commencé par vivre avec sa mère en Allemagne, puis il est venu en Belgique parce que le Cardinal Mercier, archevêque de Malines, donnait des bourses d’études aux jeunes Russes. C’est ainsi que mon père a eu la possibilité de faire ses études à l’Université de Louvain. Ma mère a quitté la Russie étant tout enfant. Sa famille vivait à Nice, et par la suite, vers 1938, maman est arrivée à Bruxelles où elle a fait la connaissance de mon père.

Un peu d’histoire de votre famille. Qui étaient vos ancêtres ?

Du côté maternel, ce sont les Chinchine, des nobles du gouvernement d’Orel. L’un des membres de cette famille était le poète Fet [Foeth], qui a voulu toute sa vie prendre le nom de famille de Chinchine, mais c’était impossible pour tout un tas de raisons à cette époque. Léon Tolstoï, avec lequel la famille était très liée, a dit à Fet un jour que s’il était Chinchine, il aurait un nom de famille, alors que sans cela il avait un prénom. Mes ancêtres paternels sont venus de Saxe, et ils étaient tous militaires et vivaient dans le gouvernement de Saint-Pétersbourg. Mon arrière-grand-père et mon grand-père étaient généraux.
Mon grand-père Chinchine fut tué en 1916, pendant la guerre, et mon grand-père Heering a quitté la Russie après la révolution.

Avez-vous gardé des renseignements sur la façon dont ils sont partis et comment cela s’est passé ?

Ma famille maternelle est partie de Russie sur le fameux « bateau des philosophes », sur lequel, dans les années 1920, sont partis des membres de l’intelligentsia, tels que Berdiaev, Boulgakov et bien d’autres. Ils sont d’abord arrivés en Allemagne, ensuite à Nice. Du côté paternel, ses parents ont divorcé, après quoi ma grand-mère est partie en Europe par la Finlande, et mon grand-père est parti ensuite en Allemagne. À ce moment, il était assez simple de partir en Russie ; dans les années 1920, il n’y avait pas encore de rideau de fer, comme ensuite, dans les années 1930.

Comment ont-ils fait ensuite leur chemin dans la vie ?

Mon papa est sorti diplômé de la faculté d’agronomie et a été envoyé aux Indes néerlandaises, en Indonésie, mais sa santé ne lui a pas permis de rester longtemps dans les pays tropicaux. En Belgique mon père a dû travailler hors de sa spécialité, ce qui était source de difficultés financières. Mais malgré tout, il nous a donné, à mon frère Philippe et à moi, la possibilité de faire des études supérieures.
Le frère de mon père est resté en Russie soviétique parce qu’il n’a pas eu la possibilité de partir quand il en était encore temps. L’oncle Dimitri a été arrêté en 1934, après l’assassinat de Kirov qui a été suivi d’une vague d’arrestations, surtout pour ceux qui travaillaient là où Kirov s’était rendu peu avant sa mort. C’était un prétexte suffisant pour mettre n’importe qui en prison. Il a été libéré en 1939, mais réhabilité seulement à titre posthume dans les années 1950. Mon père n’avait aucun contact avec son frère. Au début des années 1960, nous avons appris qu’il était mort et qu’il avait un fils, Alexis Dimitriévitch. C’est pour cela qu’étant encore étudiant, j’ai travaillé dans une agence de voyage pour aller en Russie et rencontrer ma famille là-bas. Mon cousin et moi avons encore des relations proches.

Quelles ont été vos impressions de Russie ?

Ce fut pour moi un choc d’arriver en Russie. La première impression fut très forte. Entendre les gens parler russe, c’était comme irréel. Voir le Kremlin et tout ce que j’avais vu sur des images des livres ! Toutefois ma perception de la Russie a changé avec les années. Nous n’avions aucune sympathie pour l’URSS, au contraire. Mais j’ai noué des liens d’amitié avec des parents et d’autres gens qui étaient proches du mouvement démocratique. J’ai eu la chance de rencontrer des gens excellents et très dignes. Ensuite j’ai fait la connaissance d’un cercle de gens en rapport avec mes intérêts professionnels, avec des savants atomistes. Le destin de la Russie m’intéressait beaucoup, m’émouvait, et depuis le temps où j’étais étudiant, j’ai toujours suivi les événements qui se produisaient en Russie, les changements, en observant la dynamique de développement.
 
Quelle est votre attitude envers la Russie ? Est-elle pour vous un pays abstrait ou bien sentez-vous des liens familiaux, génétiques avec elle ?

Le plus correct sera de retourner au XIXe siècle et de rappeler les paroles de Herzen qui était un occidentaliste mais avait des amis slavophiles et décrivait le lien des uns et des autres comme ceux d’un Janus bifrons dont les têtes sont tournées dans des sens diamétralement opposés, mais le cœur est un. Sur ce point je suis solidaire avec lui. Il disait : en tant qu’occidentaliste, je n’aime pas moins la Russie que vous les slavophiles ! Mon point de vue sur la Russie est plus proche des occidentalistes que des fieffés slavophiles. Autrement dit, j’aime la Russie, mais peut-être pas la même que vous.

Que pouvez-vous dire, vous Occidental avec une âme russe, sur la Russie d’aujourd’hui, sur le chemin qu’elle a choisi ?

25 ans ont déjà passé depuis l’effondrement de l’URSS et une génération a grandi. On voudrait que le sort de la Russie, la vie des Russes, l’environnement en Russie, que tout cela s’améliore. Je veux dire que ce pays qui renferme dans son sous-sol toute la table de Mendéléiev, du pétrole et du gaz, que dans un pays avec une histoire, une science, une culture, une tradition orthodoxe, on voudrait que les gens vivent mieux, que les choses qui nous semblent naturelles ici, par exemple la politique de santé, le logement, l’enseignement et la science, la liberté de parole dans les médias, que tout cela soit accessible pour les Russes après l’effondrement de l’Union soviétique et après ces 40 millions de morts sans compter la Deuxième guerre mondiale, que l’URSS a apporté avec son avènement. Comme porteur d’une âme russe, on voudrait que la situation dans ces domaines soit meilleure.

Vous pensez que c’est possible ?

Si c’est impossible en Russie, alors ce ne sera possible nulle part. Je considère qu’en Russie il y a tout pour pouvoir y arriver.

Vous connaissez bien l’histoire et la littérature. Vous comprenez qu’en Russie seuls des élus vivaient bien. Il n’y avait pas de société civile, de classe moyenne, et en fait il n’y en avait jamais eu et il n’y en a toujours pas… Avec les siècles, peu de choses changent, malgré les nouvelles technologies, les matières premières, etc. Comme vivent les gens ordinaires en Russie, c’est impensable. Est-ce que vous n’idéalisez pas le tableau de la Russie que vous avez devant les yeux ?

Tout d’abord, en Europe, les paysans étaient misérables, la faim régnait et il n’y avait pas de classe moyenne, il y avait un prolétariat. Pourquoi une évolution européenne est-elle impossible en Russie ? Et moi qui ai des racines russes, je n’aime pas l’image de la Russie qui existe maintenant en Occident. Mais on ne peut pas dire à 100% que cette image n’est pas correcte, on ne peut pas dire que c’est simplement de la propagande anti-russe.
 
Quand en Europe l’humeur est à la russophobie, comment vous sentez-vous ?

Cela me fait mal, mais je ne peux pas être d’accord avec ceux qui considèrent que si on est Russe on ne peut pas critiquer la Russie. Pour revenir à Herzen (je ne suis pas d’accord sur tout avec lui, mais c’était un penseur important du XIXe siècle), il aimait la Russie, il souffrait pour elle. J’éprouve les mêmes sentiments.

Vous pensez que la Russie pourrait emprunter le chemin de l’Europe occidentale. Ou bien est-il possible que la Russie ait « sa voie particulière » ? Car bien des historiens considèrent que les tataro-mongols ont fait reculer le développement du pays de 200 ou 300 ans. N’avez-vous pas l’impression que la Russie n’est tout simplement pas encore mûre pour une démocratie à l’occidentale ?

Je comprends ce que vous voulez dire. Ce point de vue sur la « voie particulière » n’est pas neuf, mais mon avis est un peu différent. Je considère la Russie comme une partie de l’Europe. Vous avez raison pour ce qui concerne la période tataro-mongole, de dire qu’elle a eu son influence sur les destinées de la Russie. Mais excusez-moi ! Quand était-ce ? Tout cela s’est terminé au XVIe siècle, sous Ivan le Terrible. On pourrait oublier cet épisode. En 500 ans, les choses doivent évoluer. C’est pourquoi je ne vois pas très bien cette « voie particulière » de la Russie. Qui plus est, lorsqu’on s’oriente ainsi, il me semble qu’on devrait être très prudent. Pourquoi ? Parce qu’une telle interprétation permet d’expliquer beaucoup de choses et d’en accepter énormément.
Je veux ajouter que je lie cette « voie particulière » avec la foi orthodoxe. Car cela saute aux yeux quand on voit comment se développe le catholicisme et combien l’orthodoxie est conservatrice et immuable. Cela différencie la pensée des Russes de la façon de percevoir les choses en Occident. La pensée engendre l’action et de l’action découle le chemin.
La question est sérieuse. Tout d’abord, comme quelqu’un qui connaît assez la théologie, je veux remarquer que le catholicisme et le protestantisme et l’orthodoxie sont la religion chrétienne. Ensuite, nous avons plus en commun que de différences. Et il ne faudrait pas identifier l’orthodoxie en général avec l’orthodoxie russe. N’oublions pas qu’en Europe il existe des pays orthodoxes. Prenons la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie, la Serbie et une partie de la Pologne. Ici il faut réfléchir sur les particularités de l’orthodoxie russe. Cela manque peut-être d’intérêt pour vos lecteurs ?

Mais pourquoi ? Ce ne sont pas seulement les auditeurs, mais aussi les paroissiens. Je pense que de telles questions sont assez actuelles parce que beaucoup d’originaires de Russie qui vivent actuellement ici en Occident rentrent ensuite chez eux, mais pendant qu’ils sont ici, il sont tout le temps en train de faire des comparaisons dans leur tête, ils essayent de comprendre comment vous vivez, vous, les [descendants des] émigrés de la première vague, qui êtes déjà nés ici, comment vous percevez le monde, quelle est votre attitude à l’égard de la Russie et en plus de l’orthodoxie. C’est pourquoi il me semble extrêmement intéressant et important d’écouter votre point de vue.
 
Notre église est absolument unique. Ni en Occident ni en Russie il n’y a une autre église qui aurait été construite par les émigrés russes en souvenir des victimes russes de la révolution, en ce compris en l’honneur de la famille impériale. Et ici je suis entièrement d’accord avec le père Léonide (le prêtre de notre église), qui voit prier ensemble des fidèles russes, biélorusses, ukrainiens, polonais, géorgiens et des Belges. Cette église a été construite par des Russes, mais nous voyons que des orthodoxes de tous les pays y prient. C’est cela le rôle de l’orthodoxie qui unit au lieu de désunir, qui est ouverte sur l’Occident et ne fait pas de prosélytisme. Ce n’est pas en vain que, avec la bénédiction de notre archevêque, l’Évangile est lu en français et ce n’est pas en vain que la prédication se fait dans les deux langues ou est traduite dans la langue locale. J’en suis très content.
 
Quel est votre rôle dans l’église ? On vous remarque facilement, et votre voix résonne à côté de celle du prêtre. Vous traduisez l’homélie en simultanée et vous portez aux gens les paroles du prêtre. Que faites-vous encore pour l’église ? Pour autant que je sache, vos parents ont pris une part très active à la vie de la paroisse. Vous continuez dans cette optique ?
 
Pourquoi suis-je actif dans l’église ? Parce que parmi ceux qui ont été aux sources de ce projet, il y avait mon grand-père maternel, le deuxième mari de ma grand-mère. Dans le premier comité de construction, il y avait ma tante et aussi l’oncle de ma femme. Et quand, dans les années 1950, on a eu besoin d’un marguillier dans l’église, mon père l’est devenu. Je me situe dans cette ligne. Je suis actuellement le président du comité de construction, cette organisation sociale qui comporte 39 membres. C’est à eux que l’église appartient juridiquement. Entre 2010 et 2014, l’État belge et le comité de construction ont entièrement restauré l’église et ses abords.
 
Qui sont ces gens du comité de construction ?

Ce sont essentiellement des gens d’origine russe, des descendants de la première vague de l’émigration. Son règlement dit qu’il n’est pas obligatoire d’être orthodoxe. Mon grand-père, par exemple, était luthérien et cela montre notre largeur de vues. Il y a aussi des Belges, orthodoxes ou non orthodoxes, qui aiment cette église, tout simplement, et ils s’occupent de l’aspect matériel.
 
Pourquoi la Belgique finance-t-elle une église orthodoxe ?
 
Elle est protégée par l’État en tant que monument d’histoire et d’architecture, et nous avons reçu 80 % du financement pour la restauration de l’église et de ses abords. On ne peut pas oublier ce fait que l’Église orthodoxe est ici un culte reconnu par la Constitution ; l’État paye le salaire du prêtre et une partie des dépenses liées au culte.
 
Vous avez parlé de la succession des générations et vous avez dit qu’il fallait s’occuper de cette église. Est-ce que la jeune génération est intéressée à la conservation de l’église et des traditions orthodoxes ?

À l’heure actuelle, des personnes de deux générations s’en occupent. Je suis quelque part au milieu entre ces deux générations. Il y a des jeunes, par exemple ma fille. Mais on ne peut pas dire que cette génération soit très active. Beaucoup de membres de cette génération ne parlent plus le russe. Le danger existe que toutes ces traditions puissent se dissoudre parce que la relation au temps chez nos enfants est plus modérée que chez nous. Et cela concerne non seulement la foi orthodoxe. Cela se trouve aussi chez les catholiques et les protestants. C’est une tendance dans le monde entier. Dans notre église, le dimanche il se rassemble 120 personnes et deux prêtres. Prenez les catholiques où il y a pour cinq villages un prêtre, qui navigue d’une église à une autre. Dans cette situation générale chez nous [en Belgique] ce n’est pas la situation la plus mauvaise. Nous avons 15 choristes et souvent on voit dans les églises catholiques deux pelés et un tondu.

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En tant que savant, quelle est votre attitude envers la religion ? Est-ce que vous considérez que la science et la religion sont des concepts compatibles ?
 
Je suis ingénieur-mécanicien diplômé de l’Université de Louvain et je me suis occupé de questions liées à l’énergie atomique. Nombreux sont ceux qui considèrent la science comme incompatible avec la foi en Dieu. Je répondrai qu’elles sont compatibles si la foi et la science sont comprises correctement. Si l’on considère l’Ancien Testament littéralement, évidemment on ne peut pas confronter ce qui est écrit dans les premiers chapitres du livre de la Genèse sur la création du monde avec la théorie actuelle de l’évolution. Cela se contredit lorsque l’on lit la Bible comme les fondamentalistes américains. Le phénomène existe aussi en Russie. Mais si l’on comprend la Bible autrement, alors on peut comprendre et dire qu’il n’y a pas de contradiction, mais que ces questions se situent sur des plans absolument différents. Voilà la réponse. Il est clair que cette histoire du peuple hébreu que nous lisons dans la Bible est peu compatible avec ce que nous dit aujourd’hui la science. Si l’on comprend la même Bible, dans laquelle il y a déjà des contradictions internes, d’une autre manière et non littéralement, alors cela change tout. Par exemple, la science ne peut pas démontrer l’existence de Dieu et ne peut pas démontrer non plus que Dieu n’existe pas. Cela est important. Il me semble que toutes ces preuves de l’existence de Dieu que la religion apporte ne me convainquent pas.
 
Parce que l’on peut démontrer le contraire ?
 
Oui et je pense qu’il n’y a pas de contradiction entre une compréhension juste de la religion et la science. En Belgique, l’Université de Louvain comptait parmi ses professeurs un physicien et un philosophe, professeur de mathématiques et d’astrophysique, Georges Lemaître, qui le premier a élaboré la théorie de l’élargissement de l’univers. Maintenant cette théorie a été démontrée de manière expérimentale. Eh bien ce savant était prêtre. Un jour, en 1953, le pape Pie XII a demandé à Lemaître, à propos de cette théorie : ce que vous avez élaboré, peut-on comprendre que c’est une preuve que le monde a été créé par Dieu ? Et le professeur Lemaître a répondu au pape : Non, n’interprétez pas. Ce sont de dimensions différentes. Et c’est une chose qu’il a écrite dans les notes qu’il a laissées. Nous n’allons pas faire une caricature du christianisme a-t-il dit, nous n’allons pas avoir peur du nombre 666 qui, soit dit en passant, existe réellement dans l’Apocalypse.
 
Et qu’est-ce qui se fait à l’église Saint-Job pour l’instruction religieuse ?

Pour élever le niveau des connaissances et de la compréhension en matière de théologie, nous avons à l’église entre 15 et 20 personnes qui viennent écouter des leçons de niveau universitaire sur l’Évangile. Cette année nous avons invité à nous parler un professeur de l’université de Louvain qui a parlé de la compréhension de la personnalité dans l’Évangile, et un prêtre orthodoxe, docteur en théologie, parmi les professeurs de l’Université de Louvain. Nous faisons cela en français. Nos auditeurs sont des paroissiens de notre église ainsi que quelques catholiques. Et bien sûr, l’école paroissiale du dimanche, organisée par Matouchka Maria, la femme du père Léonide.
 
Pourquoi les cours de ce genre sont-ils organisés uniquement pour ceux qui parlent français et ont un certain niveau d’instruction ? Comment les gens simples doivent-ils faire ? Car vous êtes une personne instruite et vous pouvez regarder au fond des choses, lire entre les lignes, et voir les choses d’une manière totalement autre. Mais pour les gens simples, la main est une main, ils ne réfléchissent pas à son fonctionnement ni à la manière dont cette partie du corps est liée au cerveau. Comment une personne simple doit-elle comprendre la Bible et la confronter avec les réalisations actuelles de la science et de la technique et la réalité d’aujourd’hui ?
 
Chacun doit travailler dans son domaine. Comme dit l’apôtre Paul, il y a une place pour les prophètes et il y en a une pour les enseignants. L’Église est le corps du Christ, et aussi, comme dans le corps, il y a des mains et des pieds et c’est un corps unique, mais la tête en est le Christ. On voudrait que ce soit pour tous. Mais il doit y avoir une demande. Pour l’instant il y a une demande pour des cours de niveau universitaire en théologie en langue française.
 
Pour autant que je sache, vous préparez une thèse en théologie. De quoi parle-t-elle ?
 
Son sujet, c’est la descente du Christ aux enfers après la mort et avant la résurrection. À la fin de la semaine de la Passion, il s’agit précisément de cela : le Christ est descendu aux enfers où Il a libéré Adam et tous ceux qui étaient aux enfers, Il a vaincu l’enfer et le démon. En outre, l’icône canonique de Pâques, ce n’est pas le Christ qui sort du tombeau inondé de lumière, mais le Christ aux enfers qui donne la main à Adam et Ève, en les tirant hors de l’enfer. Cela est très proche de la pensée orthodoxe et beaucoup moins de la pensée catholique. Mais rien n’est écrit là-dessus dans le Nouveau Testament. Certains théologiens considèrent que cela est dit en paraboles ou par allusions. Dans ma thèse, j’essaie d’examiner les témoignages des écrivains du deuxième et du troisième siècle. Et nous voyons que cet enseignement est très ancien. Dans ma thèse, j’examine cette question et je tâche de montrer comment il faut comprendre cet enseignement dans le contexte de l’époque actuelle.

Interview : Tatiana Andrievskaya.

Dans le cadre de cette rencontre qui s'est déroulée à Cuba, une équipe de la chaîne de télévision belge (RTBF) s'est rendue dans notre église et a inteviewé M. Dimitri de Heering, président de l'asbl "Eglise orthodoxe russe Saint-Job".
Voici la vidéo (cliquez ici)

D'autre part, ce dernier a également été interrogé  par une journaliste du quotidien belge "Le Soir", qui a publié un article consacré à cet événement (voir le document).


Réunions bibliques - le 01/02/2016 @ 21:13

La troisième réunion consacrée à la Descente du Christ aux enfers se tiendra le jeudi 03 mars 2016, à 20.00, 10 avenue du Manoir.

Annonce - le 26/01/2016 @ 08:03

Une chorale liturgique en langue française est en cours d’organisation à l’église-mémoriale Saint-Job.
La première répétition aura lieu le lundi 1er février à 19heures dans la salle des agapes derrière l’église. Toutes les personnes intéressées sont invitées.

Théophanie (19/01/2016) - le 19/01/2016 @ 21:07

Voici quelques photos prises à l'occasion de la Théophanie (cliquez-ici)

Fête de Noël de la paroisse - le 14/01/2016 @ 10:07

FN2016.jpg Les photos sont en ligne (cliquez ici).

 


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