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Archiprêtre Léonide Grilikhès
 
Homélie sur le riche insensé
 
Chers frères et sœurs,
Nous venons d’entendre la parabole du riche insensé (Lc 12, 16-21). Il est appelé insensé parce qu’il a oublié (et nous sommes tous enclins à oublier cela) qu’il n’est pas éternel. Qu’un jour viendra où il abandonnera toutes ses richesses, tout ce qu’il aura acquis, économisé, thésaurisé, parce que, comme dit le juste Job [cf Jb 1,21 ]: Nu je suis entré dans ce monde et nu je le quitterai.
Ce riche est encore insensé parce qu’il s’adresse à son âme en disant : « Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois, fais la fête ! ». Il s’adresse à son âme qui est capable de se nourrir de la Parole de Dieu, qui est faite pour boire la joie de la communion avec Dieu, et pourtant, il propose à son âme des nourritures terrestres, supposant, comme un insensé, que plus il fera de provisions, plus longtemps il vivra. Mais Dieu lui dit : « Insensé ! cette nuit même on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l’aura ? »
Et le Seigneur conclut la parabole par ces mots : « Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même au lieu de s’enrichir en vue de Dieu ». Cette parabole nous démontre parfaitement (ce qui est d’ailleurs assez compréhensible) ce que veut dire s’enrichir pour soi-même. Mais que veut dire : « s’enrichir en vue de Dieu  » ? Voilà la question avec laquelle la parabole nous laisse.
D’habitude, quand on parle d’« acquérir » la richesse spirituelle, on veut parler de la prière, du jeûne, de la participation aux sacrements, et effectivement, l’Évangile aborde souvent ces thèmes. Mais la parabole d’aujourd’hui n’en dit rien. Et néanmoins nous pouvons dire que le riche avait lui aussi une chance de s’enrichir en Dieu. Dieu Lui-même lui a donné cette chance, mais il ne l’a pas saisie.
Dans la parabole il est dit que cet homme avait fait une grande récolte. Dieu lui donne une récolte exceptionnelle : il n’aurait pu ni s’y attendre, ni en rêver, il n’aurait jamais espéré cela. Et il n’est pas prêt à accueillir le don de Dieu si abondant. Ses greniers ne suffisent pas à engranger tout son blé. « Et il se demandait en lui-même : que vais-je faire ? Car je n’ai pas où recueillir ma récolte ».
Et voici la réponse naturelle qui semblerait s’imposer : Si Dieu me donne en abondance, plus que ce dont j’ai besoin, plus que ce que je suis capable d’engranger et plus que je ne suis capable d’utiliser, pourquoi ne pas partager ce superflu ? Pourquoi ne pas distribuer ce que je ne suis pas capable d’intégrer ?
Mais le riche dit : « Voici ce que je vais faire : j’abattrai mes greniers, j’en construirai de plus grands, j’y recueillerai tout mon blé et mes biens ». Il est prêt à démolir et reconstruire pour surtout ne partager avec personne. Or la logique évangélique dit : tout ce que nous acquérons pour nous, nous le perdrons, et seul sera conservé ce que nous avons donné.
La richesse de ce monde n’est pas sûre, elle est attaquée par la rouille, mangée par les mites, les voleurs peuvent s’en emparer, elle perd absolument tout son sens à l’heure de la mort, parce qu’on ne peut rien emporter avec soi au-delà de la limite ultime. Ce trésor ne pèse absolument rien, et on peut le prendre seulement là où on n’emportera rien de matériel. Ce n’est qu’en donnant que nous pouvons remplir notre trésor dans les cieux et « nous enrichir en Dieu ».  Ce trésor s’appelle la générosité !
C’est pourquoi un peu plus loin le Seigneur dit : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père s’est complu à vous donner le Royaume. Vendez vos biens et donnez-les en aumônes. Préparez-vous…un trésor inépuisable dans les cieux » (Lc 12, 32-33).
Dieu est infiniment généreux. Il ne prend rien, il donne seulement. Et chaque fois que nous donnons (de nos biens à autrui), nous nous rendons semblables à Dieu. Et ce n’est que par la générosité que nous pouvons nous approcher du Dieu de générosité.
 

Les 5 dernières nouvelles

CONFERENCES BIBLIQUES - le 14/12/2019 @ 18:07

CONFERENCES BIBLIQUES
 
Notre prochaine réunion aura lieu Le jeudi 19 décembre 2019, à 20.00, 10 avenue du Manoir.
Nous continuerons l’analyse des grandes hymnes christologiques des épîtres pauliniennes initiée lors de notre dernière séance.

Toutes les personnes intéressées sont les bienvenues.


Attention!
Le Molében et Acathiste en l'honneur de l'Icône de la Mère de Dieu de Koursk aura lieu à 18 heures le 9 décembre au lieu du 10 décembre. L'horaire respectif a été modifié.



Les 9 et 10 novembre 2019, fête de saint Job de Pochaiev, Monseigneur Irénée a visité pour la première fois notre paroisse.

Rappelons que Monseigneur Irénée (Steenberg), docteur en théologie de l’Université d’Oxford, est secrétaire de la commission pour les relations inter-orthodoxes et à ce titre membre permanent du Synode hors-frontières.

Les vigiles du samedi soir ont été célébrées par le père Leonid et le père Vassili qui ont accueilli Monseigneur Irénée à l’entrée de l’église. Un dîner, préparé par les soins du Sestrichestvo sous la direction de Anastasia Bennigsen, a été offert à Monseigneur Irénée.

La liturgie épiscopale du dimanche a été célébrée par Monseigneur Irénée, qu’accompagnaient les pères Leonid et Vassili, ainsi que le diacre Vladimir venu de Genève. Le chœur de notre église dirigé par Yaroslav Oreszuk, auquel s’étaient joints quelques choristes venus pour l’occasion, a particulièrement bien chanté des œuvres de son répertoire, et, en particulier, le célébrissime Hymne des Chérubins N°7 de Bortniansky.

A l’issue de la liturgie, Monseigneur Irénée a prononcé l’homélie en russe et en français sur l’évangile du dimanche (Lc 8,26-39). Le chœur a ensuite entonné « Mémoire éternelle » pour tous ceux à qui est dédiée notre église, puis « Ad multos annos » pour l’évêque Irénée et l’ensemble de l’épiscopat, pour l’archevêque Marc qui célèbre en ce jour la fête patronale du monastère de Munich, pour nos prêtres, le chœur, le Sestrichestvo, ceux qui oeuvrent dans notre église (et ils sont nombreux) et tous les paroissiens.

Les paroissiens ont eu la possibilité de rencontrer notre évêque au cours d’une réception organisée par le Sestrichestvo, qui fut suivie d’un déjeuner.