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33ème Dimanche après la Pentecôte, avant la Théophanie
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Archiprêtre Léonide Grilikhès

33ème Dimanche après la Pentecôte, avant la Théophanie

Chers frères et sœurs,

Le dimanche avant la Nativité, on lit le début de l’Évangile selon Matthieu, dans lequel il est fait mémoire de tous les ancêtres du Christ selon la chair. On lit une grande liste de noms, de tous ceux qui ont précédé Sa naissance. Aujourd’hui, dimanche avant la Théophanie, nous avons entendu le début de l’Évangile de Marc et il parle de ceux qui ont précédé le Sauveur, de ceux qui ont préparé le peuple hébreu à la venue du Messie. Et ici on ne nous nomme qu’un seul nom : celui de Jean-Baptiste (que l’on appelle aussi le Précurseur, étant donné que dans son service, il précède le Seigneur).
 
L’évangéliste Marc décrit Jean comme un ascète très rigoureux, qui ne connaît pas le mariage, qui s’est retiré dans le désert de Judée, qui s’habille d’un vêtement simple et grossier : d’un vêtement en poil de chameau avec une ceinture de cuir, qui mange du miel sauvage (c’était fort probablement de la mélasse de dattes) et des sauterelles. Autour de lui se rassemble une multitude de gens venus de Jérusalem et de tous les environs, et il appelle à se repentir et à recevoir un baptême pour le pardon des péchés (Mc 1, 4-6).
 
Ce n’est pas le seul passage où on nous parle de Jean-Baptiste. Les quatre évangélistes lui accordent une grande attention et même si, à l’époque, les enquêtes sociologiques n’existaient pas (il n’y avait bien sûr, ni sociologie ni statistiques), néanmoins, et c’est très intéressant, les Évangiles nous ont transmis des témoignages à propos de Jean-Baptiste appartenant à des cercles bien précis et à des personnes issues de toutes les classes sociales.
On nous dit que tout le peuple, c’est-à-dire le simple peuple, honorait Jean comme un prophète (Mt 14,5 ; 21,26).
Il y a aussi un témoignage sur l’attitude envers lui du roi Hérode (C’est l’un des « petits Hérode », Hérode Antipas, qu’il ne faut pas confondre avec Hérode le Grand sous lequel est né le Christ, et qui, à cette époque était mort depuis une trentaine d’années). Ce roi considérait également Jean comme un homme saint et juste (Mc 6,20), ce qui ne l’a pourtant pas empêché de le faire exécuter.
Nous connaissons aussi les paroles du Sauveur en personne à propos de Jean : « de tous ceux qui sont nés d’une femme, il n’en est pas plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11,11). Le Seigneur dit que Jean le Baptiste est un prophète et plus qu’un prophète (Mt 11,9).
Mais il y a aussi des témoignages d’une autre sorte : « Jean est venu qui ne mange ni ne boit et on dit qu’il a un démon » (Mt 11,18) : on voit donc que tout le monde était loin d’apprécier son mode de vie et sa prédication.
Bien sûr, nous voudrions savoir ce que pensaient de Jean les maîtres investis d’une grande autorité à l’époque, et un épisode pourrait probablement éclaircir leur position : en Mt 21, 23-27, il est écrit qu’un jour dans le Temple, le Seigneur a interrogé les grands-prêtres et les anciens pour savoir ce qu’ils pensaient de Jean, et si le baptême qu’il conférait venait du ciel ou des hommes ? Autrement dit, sa mission était-elle inspirée par l’inspiration Divine ou non ? Mais ils ont évité de répondre et ils ont dit : nous ne savons pas.
 
Mais ce refus de répondre, en fait : se taire, c’est aussi exprimer une certaine position. Ils ne savent pas que dire, comment réagir à l’action de Jean, quelle attitude adopter envers ce qu’il fait. Et déjà dès le premier chapitre de l’Évangile de Jean, il nous est dit que du Temple de Jérusalem une délégation spéciale de prêtres et de lévites avait été envoyée au Jourdain auprès de Jean pour comprendre qui il était et faire un rapport officiel. Ils demandent à Jean : —Es-tu le Messie ? Et il répond : —Non je ne le suis pas. —Qui es-tu donc, es-tu Élie ?—Non je ne suis pas Élie. —Es-tu un prophète ? —Non.
Alors les délégués lui disent : pour que nous puissions donner une réponse à ceux qui nous ont envoyés, dis-nous qui tu es ?
Et ici nous avons encore un témoignage et peut-être le plus intéressant, sur Jean-Baptiste : ce qu’il dit de lui et comment il se considère, lui et sa prédication. Et voici ses paroles : je suis la voix de celui qui crie dans le désert (Jn 1,23).
Dans ce monde, il s’est limité au plus nécessaire : il n’avait qu’un vêtement grossier et une ceinture. Et c’est tout, rien d’autre. Plus aucun fil qui l’unirait à ce monde : il n’avait pas besoin ni de propriété ni d’honneur ni de titres. Dans ce monde, il veut être uniquement la voix, le héraut de la Parole de Dieu. Uniquement la voix qui crie et qui appelle à se préparer à la rencontre avec le Seigneur.
Il est tout entier concentré et tendu vers un seul but. Et c’est pourquoi il est très important d’entendre ce que nous dit aujourd’hui cette voix. Toute sa prédication tient en ces quelques mots : repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche ! (Mt 3,2). Et cette voix de Jean le Baptiste qui a résonné dans le désert est devenue l’appel principal de la prédication évangélique. Par les mêmes mots : « repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche ! » (Mt 4,17), le Seigneur Lui-même ouvre Sa prédication. Ces mêmes mots sur le Royaume qui s’est approché des personnes, il commande à Ses disciples de les annoncer partout, là où sera prêché l’Évangile (Lc 10,9).
Le Royaume des Cieux est proche, c’est-à-dire qu’une réalité nouvelle est devenue accessible : Dieu et l’homme sont ouverts l’un pour l’autre. La possibilité d’une vie nouvelle est apparue, d’une vie autre, qui ne ressemble pas à la vie à laquelle nous sommes habitués : où les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers, et celui qui veut préserver son âme la perdra et celui qui n’a pas peur de se sacrifier, celui-là au contraire sauvera son âme ; où celui qui distribue et donne n’est pas plus pauvre et ne perd rien, mais au contraire, acquiert, etc. Mais pour entrer dans ce Royaume, il faut se repentir, c’est-à-dire changer soi-même et de la manière la plus radicale. Le mot hébreu tchouva le repentir, signifie un retournement à 180°, un mouvement dans la direction opposée. Et le mot grec métanoïa, qui signifie également le repentir, signifie littéralement une modification complète de la conscience.
 
Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche ! C’est un appel à avoir d’autres pensées, à emprunter un autre chemin, une direction nouvelle, sur laquelle on peut rencontrer Dieu, sur laquelle s’ouvre Son Royaume. Amen.
 

Date de création : 16/02/2016 @ 12:02
Dernière modification : 16/02/2016 @ 12:02
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