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La Parabole du bon Samaritain
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Archiprêtre Léonide Grilikhès

La Parabole du bon Samaritain
Homélie du 26e dimanche après la Pentecôte

Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui dans l’Évangile de Luc, nous avons entendu qu’un docteur de la loi demande au Sauveur : que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? Et le Seigneur répond au docteur de la loi : Qu’est-il écrit dans la Loi (c’est-à-dire le Pentateuque) ? Le docteur de la loi répond : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta force, et de tout ton esprit. Ici le docteur de la loi cite le commandement donné à Moïse sur le mont Sinaï (Deutéronome 6,5). Mais il ne s’arrête pas là, et il ajoute encore une citation du livre du Lévitique : et tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lv 19,18). Et le Seigneur Jésus-Christ, qui a dit Lui-même que sur ces deux commandements (sur le commandement de l’amour pour Dieu et de l’amour pour l’homme) reposent toute la Loi et tous les Prophètes, Jésus complimente le docteur de la loi : tu as bien répondu, fais cela et tu vivras.
 
Mais le docteur de la loi, comme il est dit, voulant se justifier, dit à Jésus : et qui est mon prochain ? Alors, en réponse, le Seigneur raconte la parabole du bon Samaritain, dont le sens, comme nous l’avons déjà dit, est que les « prochains » ne sont pas définis juridiquement, par une prescription de la loi. Le prochain, cela peut être n’importe qui (même le plus lointain), duquel nous pouvons nous rapprocher en lui témoignant de l’attention et de la sollicitude. Et ainsi, toute la problématique se transporte du domaine du droit au domaine des décisions personnelles et des actes volontaires.
 
Mais cela n’épuise pas le contenu de la parabole. Le Seigneur dit : si quelqu’un veut prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau [Mt 5,40]. Et de même, répondant à la question du docteur de la loi, le Seigneur dit plus que cet homme ne voulait entendre, probablement.
 
Un homme allait de Jérusalem à Jéricho. Il fut assailli par des brigands qui s’emparèrent de ses vêtements, le blessèrent et le laissèrent à demi-mort. Passe un prêtre puis un lévite, et tous les deux, l’ayant vu, passent leur chemin. Nous nous étonnons de la cruauté, de l’absence d’empathie, de l’indifférence envers le malheur d’autrui. C’est bien le cas, mais il y a ici encore une circonstance par laquelle, probablement, le prêtre et le lévite se justifiaient. Ils montaient à Jérusalem, c’est-à-dire qu’ils allaient au Temple pour célébrer le culte. Mais le sang (dans la parabole ce n’est pas en vain qu’il est dit que l’homme était blessé), toucher un homme couvert de sang les priverait de leur pureté rituelle et rendrait impossible leur participation à l’office (Lamentations de Jérémie 4,14-15). Que faut-il donc préférer ? D’un côté la grandeur du Temple, les hymnes louant Dieu, les sacrifices, l’office solennel en présence de milliers de fidèles ; et de l’autre un seul malheureux, qui ne va pas au Temple (car il s’éloigne de Jérusalem : il descend la route qui mène à Jéricho) ? Et faut-il célébrer le culte de Dieu ou servir l’homme ? Il y a deux commandements : celui de l’amour pour Dieu et celui de l’amour pour l’homme et s’il est impossible d’accomplir les deux, alors lequel faut-il choisir ? Voilà l’impasse dans laquelle le docteur de la loi se trouve fatalement. Le prêtre et le lévite ont préféré la première solution.
 
Mais un Samaritain empruntait la même route. Et lui a eu pitié du blessé, il s’est approché et a versé dans ses blessures de l’huile et du vin. Verser du vin, c’est une composante du sacrifice du Temple (Nombres 15,5.7.10), de même que l’huile qui est une offrande obligatoire pour le Temple (Lévitique 24,2). Le Samaritain portait probablement de l’huile et du vin comme une offrande pour le Temple, mais voyant l’homme blessé et à demi-mort, il a offert pour cet homme l’huile et le vin. Et c’est précisément lui que le Seigneur a appelé le prochain de l’autre et c’est précisément ce Samaritain que le Seigneur invite le docteur de la loi à imiter en lui disant : « Va et fais de même ».
 
Parce que, encore dans l’Ancien Testament, Dieu dit par la bouche du prophète Osée : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » (Osée 6,6). Ces paroles, nous les avons également entendues aujourd’hui à l’office, dans l’autre lecture évangélique consacrée à la mémoire de l’apôtre et évangéliste Matthieu (Mt 9,9-13). Le Seigneur appelle Matthieu qui était un publicain. Il mange et boit, prenant place avec les publicains et les pécheurs. Et cela indigne les pharisiens. Non seulement parce que ce n’est pas une attitude pieuse mais, essentiellement, parce qu’une table commune avec les publicains (auxquels les pharisiens dénient le droit de s’appeler fils d’Abraham) souillait, éloignait du sacrifice au Temple. Et Jésus, se référant au livre d’Osée, dit aux pharisiens : « Allez, apprenez ce que veut dire : « je veux la miséricorde, et non le sacrifice ».
 
Non parce que le Seigneur mettrait l’amour envers l’homme au-dessus de l’amour envers Dieu. Mais il lie ces deux commandements en un seul commandement indivisible. De sorte qu’on ne peut pas aimer Dieu en « enjambant » l’homme.
 
Cela est devenu l’enseignement de l’Église. Cela, les disciples l’ont parfaitement assimilé. L’apôtre Jean le Théologien, dans sa première épître, dit ceci : nous avons de Lui (c’est-à-dire de Jésus-Christ,) ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère (1Jean 4,21). Celui qui dit : « J’aime Dieu », et qui déteste son frère, celui-là est un menteur : car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? (1Jean 4,20).
 

Date de création : 21/12/2015 @ 10:39
Dernière modification : 21/12/2015 @ 10:39
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