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Nouveaux Martyrs et Confesseurs de Russie
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Archiprêtre Léonide Grilikhès

Synaxe des Nouveaux Martyrs et Confesseurs de Russie

Nous faisons mémoire aujourd’hui des Nouveaux Martyrs et confesseurs russes. Dans l’histoire de la commémoraison liturgique et de la fête de leur mémoire, notre église occupe une place toute particulière.
Je me permettrai de rappeler la chronique de la vénération des Nouveaux Martyrs.
 
Le 22 janvier 1918, les bolchéviques s’emparèrent de Kiev après l’avoir pilonnée par leur artillerie. Le 23 janvier ils entrèrent dans la Laure des Grottes de Kiev, où ils se livrèrent à un déchaînement de violence et de vandalisme sans précédent, tel que la Laure n’en avait pas connu depuis 1240, lorsque les Tartares s’en étaient emparés: profanant les sanctuaires, détruisant les icônes, tirant sans cesse pendant plusieurs jours d’affilée, les bolchéviques ont arraché leurs vêtements aux vieux moines et les ont laissés nus debout dans la neige, etc. Le 25 janvier (de l’ancien calendrier), le métropolite de Kiev, Vladimir (Bogoyavlensky) a été fusillé non loin de la Laure. Et ce n’était que le début de la terreur sanglante.
 
En réponse, le patriarche Tikhon prit la décision hardie de commémorer le 25 janvier (ou le dimanche suivant immédiatement cette date) les nouveaux Martyrs et Confesseurs Russes. Cette décision fut entérinée par le concile local de 1917-1918. Le concile prescrivit alors de faire mémoire de «tous les martyrs et confesseurs qui ont trouvé la mort au cours de la présente féroce persécution». Dans les années du pouvoir soviétique, cela ne pouvait se faire que secrètement.
 
À l’étranger, ce n’est qu’en novembre 1981 que le synode des évêques de l’Église orthodoxe russe Hors Frontières a canonisé les saints Nouveaux Martyrs russes. C’est alors qu’a été entreprise la tentative de nommer certains des Nouveaux Martyrs: le Synode a entériné en 1981 une liste de 525 noms.
 
En Russie, ce n’est devenu possible que plus tard encore. Sur la fin du régime soviétique, en 1989, le patriarche Tikhon a été canonisé, et au printemps 1992, le Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe a institué la fête de la Synaxe des Nouveaux Martyrs et confesseurs russes du XXe siècle. Grâce aux efforts de la commission permanente de canonisation auprès du synode, la liste des Nouveaux Martyrs russes s’est considérablement allongée : elle compte actuellement deux milliers de noms. Ce ne sont là que ceux qui ont été officiellement canonisés par l’Église. La base électronique de données de ceux qui ont souffert pour la foi, base qui ne cesse de s’élargir à l’Université Orthodoxe Saint-Tikhon, contient environ trente-cinq mille noms, mais ce n’est qu’une toute petite partie: on sait que, rien qu’en 1937-38, deux cent mille personnes ont été persécutées pour la foi et que la moitié d’entre elles ont été condamnées à mort.
 
Mais il est étonnant qu’un demi-siècle avant la première canonisation officielle, un petit groupe de personnes,qui formèrent ensuite le Comité pour la construction de l’Église-Mémorial, ait pris conscience de la nécessité de conserver les noms des victimes des terribles répressions et d’immortaliser leur mémoire. Ayant tout perdu et manquant souvent des moyens nécessaires pour mener une existence normale, dès 1930, ici à Bruxelles, ils ont pris la décision de commencer à édifier une église en mémoire de la Famille impériale et de tous ceux qui avaient péri, victimes du pouvoir bolchévique puis soviétique. Cette initiative eut une grande résonance chez beaucoup de Russes de la diaspora, et c’est par leurs efforts conjoints que l’église fut construite avant la Deuxième guerre mondiale. La guerre empêcha de terminer les travaux d’aménagement intérieur. L’église fut consacrée en 1950 et c’est à ce moment, dans les années 1950 (et de nouveau 30 ans avant la première liste officielle des Nouveaux Martyrs), c’est précisément ici, à Bruxelles, qu’a été dressée la liste de tous les évêques de l’Église russe martyrisés, avec à leur tête le patriarche Tikhon. Ce sont près de 150 noms gravés sur des plaques de pierre dans l’autel. Dans ce synodikon de pierre des victimes du pouvoir des sans-Dieu, on trouve aussi beaucoup de noms figurant sur les murs de l’église. C’est dans les années 1950 que fut réalisée une icône polyptyque des martyrs de la Famille impériale, où autour de l’icône de la Résurrection, sont représentés les saints protecteurs de tous les membres de la famille de Nicolas II. Dans les années 1960, une icône de tous les Saints a été peinte spécialement pour notre église par l’archimandrite Cyprien, qui a inclus, pour la première fois au nombre de cette nuée de saints, des Nouveaux Martyrs russes (y compris la Famille impériale). Il les a représentés sans nimbe, parce que leur canonisation par l’Église n’aurait lieu que vingt ans plus tard. Mais c’est précisément ici, dans cette église, que s’incarne pour la première fois la conscience qu’eux tous, qui ont perdu la vie mais gardé la foi, sont une part vivante et inaliénable de notre Église céleste, et que chaque nom doit être soigneusement gardé dans l’Église, que tous se tiennent devant le Christ et prient pour nous et pour notre Patrie.
 

Date de création : 16/02/2015 @ 17:33
Dernière modification : 16/02/2015 @ 17:33
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