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Homélie sur la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu

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15ème Dimanche après la Pentecôte

Saint Jean (Maximovitch)
Archevêque de Shanghaï et de San Francisco
 

Homélie sur la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu
La Sagesse a bâti sa maison…
 
Que Tes œuvres sont grandes, Seigneur, Tu as tout fait avec sagesse (Ps 103,24) s’est exclamé autrefois le Psalmiste.
Qu’est-ce que cette sagesse (en grec Sophia) par Laquelle tout a été créé ?
Dans un autre psaume il est dit : « Par la Parole du Seigneur les cieux se sont affermis, et par le souffle de Sa bouche toute leur armée » (Ps 32,6)

Et le saint Evangéliste Jean le Théologien s’écrie : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu … toutes choses ont été créées par Lui et sans Lui rien n’a été créé de ce qui a été créé » (Jn 1, 1-3)
Le même Evangéliste dit ensuite : « Et le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous, et nous avons vu Sa gloire, la gloire du Fils Unique du Père (Jn 1,14).

Ainsi, le Verbe par Qui tout a été créé, est le Fils Unique de Dieu, la Deuxième Personne de la Sainte Trinité. Il s’appelle aussi « la Sagesse de Dieu », comme dit dans son épître l’apôtre Paul : « Les Juifs demandent des signes et les Hellènes cherchent la sagesse, quant à nous, nous proclamons le Christ crucifié... Puissance de Dieu et Sagesse de Dieu » (1Cor 22-24).
Le Fils de Dieu s’appelle le Verbe et la Sagesse de Dieu parce que Dieu le Père fait tout par Son Fils. Ainsi, par le Fils de Dieu, le Père annonce Ses œuvres et par Lui s’est manifestée la sagesse si diverse de Dieu (Eph 3,10) 


La Sagesse de Dieu s’est manifestée au commencement dans la création du monde visible et invisible. Maintenant, nous voyons le monde dans son état pécheur, alors qu’il a déjà perdu sa bonté première, mais même abîmé par le péché, combien le monde est étonnant et combien il reflète la sagesse du Créateur.
Si nous regardons le ciel, les mouvements harmonieux des astres, tout se meut selon des lois éternelles, données par le Créateur à la nature lors de sa création. Rien ne vient enfreindre leur cours, tout se passe en harmonie, sans se déranger les uns les autres.
Et si nous regardons autour de nous dans chaque plante, dans chaque animal, même dans chaque caillou, nous voyons la sagesse du Créateur !
Chaque animal, jusqu’aux plus petits insectes, est équipé pour sa survie, sa défense et le développement de sa vie et la multiplication de son espèce.
Chaque corps animé et inanimé dans la nature est composé de très fins corps harmonieusement disposés et présente une structure étonnante, un tissu élégant du grand bâtisseur et artiste.

Si nous nous regardons nous-mêmes, quelle association merveilleuse et sage du monde visible et invisible nous présentons ! Appartenant par notre corps au monde des choses, nous présentons une création raffinée, dans lequel chaque cellule a sa fonction. Plus la science pénètre dans les secrets de la nature, plus clair il devient qu’elle est la création d’une grande Sagesse, et plus haut nous tendons le regard de notre intelligence, pour apprendre à connaître notre Créateur. Notre capacité même à connaître, à réfléchir, à utiliser des découvertes, à créer, à agir intelligemment, montre que nous avons surgi non pas fortuitement, mais que nous portons en nous le sceau du Très Sage Créateur.  

C’est surtout notre esprit à la ressemblance de Dieu qui témoigne du Dieu très Sage, élevant l’homme haut au-dessus de la terre et de l’océan de l’existence, et nous donnant dans la vie présente de communiquer avec les puissances d’En-Haut.
 
Tout cela, nous l’avons même maintenant, dans notre état pécheur d’hommes déchu et de la nature corrompue. Mais quelle était la beauté et la bonté du monde lors de sa création !
 
En regardant sa beauté, le premier des anges, Lucifer, a été saisi d’orgueil et a voulu être l’égal du Très Haut, et il s'est détaché de Dieu. Précipité du haut du ciel, il a envié l’homme créé et l’a séduit pour l’inciter à enfreindre le commandement de Dieu.
 
Ayant péché, le premier Adam, et avec lui toute l’humanité fut privée de sa gloire et de son honneur des commencements. L’esprit de l’homme s’est assombri, sa volonté a faibli, son sentiment a été pollué. L’homme s’est privé du dialogue de la grâce avec Dieu, Source de vie, et il est devenu mortel.
Avec la chute de l’homme, couronne de la création, le monde tout entier a changé, car le péché a laissé partout ses traces. Le monde entier est devenu périssable et pécheur. La nature, à commencer par les animaux, est devenue hostile à l’homme qui, intérieurement, gémissait d’être séparé de Dieu.

Cependant Dieu dans Sa très grande Sagesse, dès avant la création du monde, avait non seulement prévu la chute de l’homme qu’Il allait créer, mais Il avait décidé d’avance comment la réparer. Avant que le monde ait commencé, déjà le conseil de la Très Sainte Trinité avait préétabli que la Deuxième Personne de la Sainte Trinité, le Fils de Dieu, allait devenir homme et prendre sur Lui les péchés du monde, réparant le péché d’Adam.
 
Le remède préparé pour la maladie de l’homme n’avait été révélé à personne, la décision du conseil de la Très Sainte Trinité demeurait un secret pour tout le monde créé. Il fallait préparer sur la terre un refuge digne destiné à l’incarnation du Fils de Dieu. Parmi le genre humain pourri par le péché, il fallait trouver un vase très pur, dans lequel le Verbe de Dieu qui a tout créé puisse descendre et qu’avec la chair qu’Il avait assumée, Il aille demeurer parmi les hommes, étant Lui-même devenu homme. Il a fallu beaucoup de siècles pour préparer l’accomplissement de la très sage Providence Divine, et qu’apparaisse la Vierge pure, digne de devenir la Mère dans la chair de Celui par Qui ont été créés le ciel et la terre et par Lequel devait s’accomplir le plan pré-esquissé de la Très Sainte Trinité pour le salut du monde.
 
« Lorsqu’est venue la fin des temps » (Gal 4,4) et le temps est venu pour le Fils de Dieu, de s’incarner sur la terre, le mystère du prodigieux Conseil de la Très Sainte Trinité a été révélé par Dieu à l’archange Gabriel, qui a été envoyé à Nazareth annoncer à la Vierge Marie que d’Elle naîtrait le Sauveur du monde :
« Gabriel parut devant la Très Sainte Vierge pour lui révéler le dessein du Conseil prééternel, en Lui disant :  ‘Réjouis-Toi, pleine de grâces ! Le Seigneur est avec Toi :  Tu es bénie entre toutes les femmes. Tu mettras au monde un Fils et Tu Lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut’ » (Lc 1, 28-31). L’humble jeune fille fut confuse d’entendre cette salutation. Depuis l’âge de trois ans Elle se trouvait dans le temple, auquel Elle avait été confiée par ses parents et y demeurait dans la prière constante ; Elle avait été élevée dans le Saint des Saints où Elle entendait les paroles des habitants du ciel, cependant, Elle ne pouvait songer à être la Mère du Rédempteur, Elle qui, de plus, avait fait vœu de virginité.
 
« L’Esprit Saint descendra sur Toi et la Puissance du Très-Haut Te couvrira de son ombre, Celui que Tu auras mis au monde sera grand et sera appelé Fils de Dieu » lui dit l’Ange, répondant à la question qu’Elle lui posait : « Comment cela se fera-t-il, car je ne connais point d’homme ». « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il Me soit fait selon ta parole » dit Marie avec humilité et soumission à la volonté de Dieu (Lc 1, 35-38). Alors le Verbe de Dieu, le Fils Unique de Dieu, s’incarna dans Marie, Celui que les cieux et les Cieux des Cieux ne peuvent contenir (1Roi 8.27 ; 2Chr 6,18) « pour qui le ciel est un trône et la terre son marchepied » (Is 66,11 :Ac 7,43) a choisi pour demeure le sein d’une Vierge, Il en a fait son trône, et ses entrailles plus vastes que les cieux. La Vierge Marie a été manifestée « plus vaste que les cieux ».
 
Neuf mois plus tard, Elle mit au monde un Fils, Dieu manifesté dans la chair : « Ce qui était caché depuis les siècles, et mystère inconnu des anges, par la Vierge Il est apparu aux habitants de la terre, le Dieu incarné dans l’union indivisible [des trois Personnes de la Sainte Trinité]  »
 
La virginité de Marie et l’incarnation par Elle du Fils de Dieu sont toutefois restées un secret pour le diable tant que le Seigneur n’avait pas achevé l’œuvre de notre salut. « Ayant assumé volontairement la croix pour nous », ayant souffert la mort et ressuscité des morts, le Seigneur Jésus Christ a donné la vie au genre humain et ouvert pour lui le paradis qui était fermé.
Par Celui qui s’était incarné de la Vierge Mère de Dieu « Adam a été rappelé, Eve libérée, la malédiction anéantie, la mort mise à mort et nous vivifiés ». Avec l’homme, le monde entier est délivré de la corruption, et se prépare maintenant au jour où, par le feu, l’Univers sera purifié, toute la création sera libérée de l’esclavage de la corruption, et un ciel nouveau et une terre nouvelle manifesteront dans toute sa beauté et sa bonté la création de Dieu.
 C’est ainsi qu’est détruit le dessein mauvais du diable, et le Créateur du monde dirige tout avec sagesse selon Sa volonté pour le bien de toute la création. Comme Dieu au commencement a créé le monde par Son Verbe, c’est-à-dire par Son Fils, de même à travers le Fils de Dieu le monde renaît après la chute. Par Celui à travers qui s’est manifestée la Sagesse de Dieu dans la Création, à travers Lui aussi la Sagesse Divine s’est ouverte pour rétablir le monde détruit par le péché et lui rendre la bienveillance Divine.
C’est pourquoi le Fils de Dieu est appelé Sagesse Divine, ou en grec Sophia, parce que par lui nous avons connu et nous connaissons le Dieu Très-Sage, le Christ Jésus « Qui est devenu pour nous Sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption » (1Cor 1,30).
 
La Vierge Toute Pure, par laquelle le Christ, le Fils de Dieu, notre Créateur et notre Sauveur S’est incarné, afin de nous donner la vie éternelle, la Vierge Toute Pure a été l’échelle par laquelle Dieu est descendu sur terre, la Vierge a été pour nous le pont qui nous permet de monter au ciel.
 
Longtemps avant l'incarnation du Christ, les prophètes l'ont annoncé, ils ont prédit l'arrivée du Messie. Le prophète Ezéchiel la voit comme la porte fermée à l’Orient, par laquelle le Seigneur passe, et qui reste fermée, ce qui veut dire que Marie avant la Nativité, pendant la Nativité et après la Nativité demeure vierge. Le prophète Daniel, expliquant le songe mystérieux de Nabuchodonosor, la voit prophétiquement comme une montagne vierge, de laquelle, sans le concours de la main de l’homme, d’elle-même une pierre est tombée, a rempli la terre, ce qui signifie également la naissance sans semence et immaculée du Christ né de la Vierge. « Voici, la Vierge enfante et met au monde un Fils et on lui donnera le nom d’Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous », s’exclame le prophète Isaïe (Is 7,14 ; Mt 1, 23).
 
L’ancêtre Jacob autrefois a vu en songe une échelle, fixée sur la terre, dont le sommet atteignait jusqu’aux cieux, c'est la préfiguration de Celle par laquelle le Fils de Dieu est descendu sur la terre. Le psalmiste, le roi David, la célèbre comme la Reine, trônant à la droite du Roi, vêtue de vêtements d’or et toute parée, et dont toute la gloire est au-dedans d’Elle. Et le très sage Salomon parle d’Elle dans le livre des Proverbes comme de la Maison de la Sagesse : « La Sagesse a bâti sa maison elle a fondé sept piliers » (Prov 9,1). La maison dans laquelle a demeuré la Sagesse d’avant les siècles, c’est la Vierge Marie, la Vierge Toute Pure. Les piliers de cette maison sont les vertus de la Toute Pure. Le nombre sept, chez les peuples orientaux anciens, signifiait la perfection, et les sept piliers de la Maison signifient la perfection dans le bien de la Mère de Dieu. C’est pourquoi sur les icônes la Sagesse de Dieu est représentée, le Fils de Dieu sur un trône, comme s’Il était dans ce sujet un édifice à sept piliers, signifiant Sa Très Pure Mère. Au-dessus, sept archanges, des deux côtés sept prophètes avec des rouleaux sur lesquels sont écrites des prédictions sur la Mère de Dieu, et en dessous le nom des sept vertus. Le nombre sept, répété plusieurs fois, signifie la perfection spirituelle de la Toute Pure. 
 
Maintenant, quand on chante : « Ta Nativité, Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers », une maison sur la terre est bâtie pour la Sagesse éternelle, il se prépare une demeure pour le Fils de Dieu, venu du ciel pour sauver le genre humain. « Le Christ descend des cieux, allez à Sa rencontre ». Pour cette rencontre il se crée un Palais animé, vivant, un temple sanctifié dans lequel s’établira le Fils de Dieu prééternel, pour commencer à partir de là à reconstituer le monde, pour unir de nouveau le ciel et la terre.
 
Tsin Dao 1948.

Date de création : 30/09/2014 @ 07:50
Dernière modification : 02/10/2014 @ 08:53
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