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HOMELIE POUR LA THEOPHANIE
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Archiprêtre Léonide Grilikhès

HOMELIE POUR LA THEOPHANIE
 
Chers frères et sœurs !
 
Nous fêtons aujourd’hui le Baptême du Christ, et cet office nous transporte en Palestine, au bord du Jourdain, où en son temps Jean le Baptiste a prêché. Comme il est dit dans l’Evangile : « alors s’en allaient vers lui Jérusalem et toute la Judée, et toute la région du Jourdain ». Ils confessaient leurs péchés et Jean les baptisait du baptême de repentir.
 
Qu’est-ce que le baptême ? C’est une immersion dans l’eau, une ablution. Le rite de cette ablution se pratiquait déjà dans l’Antiquité. Dans le Pentateuque, il est prescrit aux prêtres de procéder à des ablutions avant de célébrer l’office. Aux temps évangéliques, les ablutions ont été plus largement répandues, et si dans l’Antiquité, la prescription s’appliquait seulement aux prêtres, les pharisiens l’ont étendue à tout le peuple, traitant de certaines circonstances rendant l’ablution obligatoire. Comme le montrent les documents de la communauté des Esséniens, ses membres, habitant à Qumran, pratiquaient l’ablution chaque jour avant le repas pris en commun.
 
Il y avait aussi un rite particulier de l’ablution que l’on accomplissait sur les prosélytes, c’est-à-dire les païens qui adoptaient la foi en un Dieu unique et la loi de Moïse. C’est précisément cela qu’on appelait ablution ou baptême de repentance. La repentance, en hébreu tchouva, signifie littéralement retournement. En recevant le baptême, le païen se retournait, c’est-à-dire qu’il se détournait de son passé païen et se tournait face au vrai Dieu.
 
Mais la particularité du baptême de Jean consiste en ceci que Jean-Baptiste appelait non les païens, mais les juifs eux-mêmes, à recevoir le baptême de repentir. Par son baptême, il disait en quelque sorte qu’ils s’étaient tant éloignés de Dieu par leur vie que cette vie se distinguait mal de celle des païens, et qu’il leur fallait renouveler leur alliance et se tourner vers le Seigneur Qui, comme l’annonçait Jean, ne tarderait pas à visiter Son peuple.
 
Des foules de gens venus de tout Israël se rassemblaient autour de Jean-Baptiste. Cela inquiétait les autorités et suscitait leur incompréhension. Dans l’Evangile on raconte qu’une délégation particulière du temple de Jérusalem lui fut envoyée, ce que nous appellerions aujourd’hui « un groupe d’experts » au Jourdain, pour comprendre ce qui se passait là-bas et pourquoi Jean baptisait les juifs. Le baptême de Jean indignait les cercles nationalistes des pharisiens et des sadducéens qui ne comprenaient pas pourquoi les juifs devaient renouveler l’alliance, étant donné qu’ils étaient tous descendants d’Abraham, qu’ils avaient de ce fait une relation particulière à Dieu et que Dieu se souciait d’eux en particulier, ici sur la terre et dans le siècle à venir.
 
Ils s’appelaient « fils d’Abraham », mais Jean les appelle « engeance de vipères », sûrs de leur élection. Qui vous a suggéré que vous échapperiez à la colère prochaine ? Même des pierres, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham, leur dit Jean et il les appelle à porter des fruits dignes du repentir.
 
Mais la fête d’aujourd’hui nous rappelle non seulement les jours lointains de l’histoire évangélique. Elle nous rappelle le jour où chacun de nous a été baptisé et est devenu chrétien. Le jour où chacun de nous a tourné (tout seul ou sur les bras de ses parrain ou marraine) autour de la fontaine baptismale au chant du : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ ! »
 
Ces mêmes paroles, nous les avons entendues aujourd’hui à la liturgie. Elles nous rappellent que chacun de ceux qui ont été baptisés au nom du Christ doit revêtir le vêtement du Christ. Ces paroles nous forcent de nouveau à réfléchir : nous sommes tous baptisés, nous nous appelons tous chrétiens, mais sommes-nous prêts à rejeter le vêtement de l’orgueil et de l’égoïsme pour revêtir le vêtement de la douceur du Christ, de Son humilité et de Sa bénignité ? Sommes-nous prêts à rejeter le vêtement du jugement pour revêtir le vêtement de la miséricorde et de l’amour fraternel ? Sommes-nous prêts à préférer la miséricorde et l’indulgence à la vérité et la justice ? Sommes-nous prêts à éloigner de nous l’hostilité, le soupçon, l’offense, pour nous revêtir du jugement de l’amour et du pardon ? Sommes-nous prêts à revêtir la tunique du Christ de l’attention à l’autre, du souci de l’autre, à aider notre prochain, à être attentif à ses besoins et l’aider à porter les fardeaux qu’il porte ?
 
Et si nous nous regardons sous cet angle-là, n’apparaîtra-t-il pas que nous avons été baptisés en Christ, mais que nous n’avons pas revêtu Son vêtement, que nous continuons ainsi à porter nos vieux vêtements tout froissés, et non renouvelés par l’Esprit de l’amour du Christ.
 
Et comme autrefois les juifs allaient vers Jean-Baptiste pour renouveler leur alliance avec Dieu, pour entendre de nouveau Ses paroles et corriger leur vie, ainsi nous nous rassemblons de nouveau aujourd’hui autour de cette eau baptismale, afin que le Seigneur miséricordieux nous lave de nouveau de nos péchés, pour qu’avec un cœur nouveau et une âme nouvelle, en nous repentant encore et encore, nous tentions de nous revêtir de Ses vertus et de nous approcher de Dieu dont le Royaume, comme l’annonce Jean le Baptiste, s’est approché de nous en la personne de Jésus Christ qui, protégé par l’Esprit Saint, et attesté par la voix de Dieu le Père, se manifeste aujourd’hui dans le Jourdain.
 

Date de création : 26/01/2014 @ 16:16
Dernière modification : 26/01/2014 @ 16:44
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