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PARABOLE DU DÉBITEUR IMPITOYABLE
Archiprêtre Léonide Grilikhès
 
LA PARABOLE DU DÉBITEUR IMPITOYABLE
Homélie du 11e dimanche après la Pentecôte
(Mt 18, 23-35)
 
Chers frères et sœurs,
L’Évangile d’aujourd’hui nous fait entendre la parabole du débiteur impitoyable. Comme dans toutes les paraboles du Sauveur, il y est question du Royaume des Cieux. « Il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. » Mais déjà le premier serviteur qui est amené au roi, et qui lui doit la somme fabuleuse de dix mille talents[1], se voit remettre l’entièreté de sa dette. Au lieu de le vendre lui-même avec sa femme et ses enfants et de vendre tous ses biens, le roi lui fait miséricorde. Le serviteur demandait un délai : «Consens-moi un délai et je te rendrai tout » mais celui-ci manifeste une générosité royale et lui remet l’entièreté de son énorme dette.
 
Or en sortant de chez le roi, ce serviteur rencontre un de ses compagnons qui lui devait la somme dérisoire de cent deniers[2], et, comme il est dit dans l’Évangile : « il le prit à la gorge et le serrait à l’étrangler en lui disant : “Rends-moi tout ce que tu dois”. » Son compagnon se jeta à ses pieds et le supplia en disant les mêmes paroles: « Consens-moi un délai et je te rendrai tout ». Mais l’autre non seulement n’est pas prêt à lui faire miséricorde, ou même à lui accorder un délai, mais il fait jeter son débiteur en prison.
 
Quand le roi apprend ce qui s’est passé, il rappelle son débiteur et lui dit : « Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t’en ai fait remise …ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi, j’ai eu pitié de toi ?  Et dans son courroux, son maître le livra aux tortionnaires jusqu’à ce qu’il eut remboursé tout son dû. »
 
De quoi parle cette parabole ? Comme beaucoup d’autres paraboles, elle parle de l’amour de Dieu. Elle dit que cet amour est sans limite et que dans Son amour et Sa miséricorde, le Seigneur-Roi est prêt à nous pardonner tous nos péchés, si grands qu’ils soient. L’amour de Dieu, comme le soleil, couvre de sa lumière les justes comme les pécheurs. Mais malgré tout, nous voyons qu’un péché, un seul plus que tous détourne résolument de nous la miséricorde de Dieu : c’est le péché de juger, quand nous refusons de pardonner aux autres même les fautes les plus petites.
 
Dieu nous a pardonné nos péchés, Dieu a pardonné à nos prochains, pourquoi refusons-nous de pardonner ? Pourquoi, en attendant le pardon et en suppliant d’être pardonnés, accumulons-nous en nous-mêmes le jugement, l’offense et les reproches mutuels, le mécontentement, qui deviennent un mur infranchissable, non seulement entre nous et notre prochain, mais entre nous et Dieu.
 
Nos péchés viennent généralement de notre imperfection : par manque de sagesse, par manque de volonté, par manque de patience, de foi, de courage, de pureté, de concentration, et Dieu, connaissant notre imperfection, condescend à venir au devant d’elle, et nous pardonne nos péchés.
 
Mais pour pardonner à notre prochain, il n’est pas requis d’avoir une sagesse, une foi, une pureté ou une concentration spéciales, il faut être simplement un peu meilleurs … Le roi, en s’adressant à son débiteur, l’appelle :« serviteur méchant ». C’est précisément la méchanceté, la mauvaise disposition, comme nous le voyons dans la parabole d’aujourd’hui, qui suscitent la colère du roi, c’est-à-dire la colère de Dieu. Et ce n’est qu’en pardonnant de tout notre cœur que nous pouvons appeler sur nous la miséricorde de Dieu qui pardonne tout.
 
Non seulement le Seigneur nous pardonne tous nos péchés : Il nous purifie, Il nous lave de nos péchés et pour cela Il est prêt à S’offrir en victime : pour nous Il monte sur la Croix et verse Son sang. Et quand nous nous approchons du calice et goûtons « pour le pardon des péchés », à la Chair et au Sang du Seigneur, nous communions précisément à cette Chair qui a été torturée et brisée par toutes les tortures possibles, et précisément à ce Sang répandu pour nous sur la Croix.
 
Pour ne pas juger notre prochain, aucun sacrifice n’est exigé de nous. Il suffit de tenir sa langue lorsque nous sentons que la bile de l’indignation est en train de s’y accumuler, ou simplement, d’essayer de ne pas remarquer, ou au minimum faire comme si nous ne remarquions pas les défauts des autres. Et alors, grâce à de tels petits efforts tout à fait à notre portée, nous pourrons, le soir, lorsque nous réciterons le « Notre Père », on voudrait dire : avoir pleinement le droit de—mais soyons prudents, et disons : avec une espérance sans honte—prononcer le : « Et remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs », et encouragés par la parabole d’aujourd’hui, nous blottir dans l’amour de Dieu qui pardonne tout. Amen.
 


[1] Un talent : 36 kg d’or. Dix mille talents : 360 tonnes d’or—NdT.
[2] Cent deniers : salaire d’une journée de travail d’un ouvrier—NdT.
 

Date de création : 15/09/2013 @ 18:54
Dernière modification : 15/09/2013 @ 18:54
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