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Guérison
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Archiprêtre Léonide Grilikhès
 
LA GUÉRISON DU DÉMONIAQUE ÉPILEPTIQUE
Homélie du 10e dimanche après la Pentecôte
(Mt 17, 14-23)
 
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, il est question d’un homme qui vient trouver le Sauveur et Lui demande de guérir son fils : les jours de fête et de nouvelle lune, l’esprit mauvais torture l’enfant et le jette dans le feu ou dans l’eau.
Le père dit à Jésus qu’il a déjà amené son fils aux Disciples, mais qu’ils n’ont pas pu le guérir. Si tu peux, aide-nous. Et le Seigneur répond en s’exclamant : « Engeance incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusque à quand aurai-je à vous supporter ? »
 
Et ici se pose la première question : à qui s’adressent ces paroles ? Qui le Seigneur accuse-t-il d’incrédulité et de vie perverse ? Le mot « engeance » [la traduction russe emploie le mot génération] désigne la génération des gens qui entourent le Sauveur. Mais en tenant compte de la rhétorique proche-orientale, et aussi du fait que le Seigneur n’accuse jamais personne directement par son nom, d’autant plus en public, nous comprenons que ces paroles s’adressent en premier lieu au père de l’enfant démoniaque.
 
Le père dit que les apôtres se sont révélés impuissants à le guérir, mais Jésus, par sa réponse, l’invite à se regarder lui-même. Car la condition indispensable à tout miracle, c’est la foi. Ce n’est qu’alors que la puissance divine peut agir en l’homme, quand l’homme, par la foi, s’ouvre à cette puissance. Le Seigneur veut sans doute dire : peux-tu condamner Mes disciples, quand toi même tu n’as pas la foi et que tu mènes une vie dépravée ?
 
En même temps, le Seigneur indique au père la raison de la souffrance de son enfant (et on ne peut pas supprimer la conséquence sans avoir d’abord supprimé la cause). Une famille, c’est un tout, un organisme unique, une construction unique. Le péché (et le Seigneur parle d’adultère) introduit une brèche dans cet édifice, et par cette brèche, l’esprit mauvais peut s’engouffrer et se rapprocher du plus faible, du fils. L’enfant souffre à cause du péché du père. Voilà ce sur quoi le père devait méditer en premier lieu.
 
Le récit tel que rapporté par Matthieu continue d’étonner : le Sauveur accuse le père d’incroyance, et dénonce son péché, mais le Sauveur interdit immédiatement au démon de torturer l’enfant, et il guérit cet enfant. D’habitude, dans l’Évangile, nous voyons que le Seigneur, avant d’accomplir le miracle d’une guérison, éprouve la foi, et souvent Il renvoie le malade guéri en disant : « Va, ta foi t’a sauvé ! ». Et c’est bien pour cela que nous venons de dire que le miracle demande la participation de la personne, sa foi active. Mais ici, c’est le contraire qui se produit : le Seigneur indique au père sa dépravation et son incroyance, mais aussitôt Il guérit son fils.
 
Tout cela laisse une question à laquelle nous trouvons la réponse dans le passage parallèle de l’Évangile de Marc [9, 14-29]. L’Évangéliste Marc relate cet épisode plus en détail que Matthieu, et nous pouvons voir que la question de la foi n’a pas été éludée ici non plus. À la prière du père : « Si tu peux, viens à notre aide par pitié pour nous », le Seigneur dit : « Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit ». Et le père répond par cette exclamation : « Je crois, Seigneur ! Viens en aide à mon peu de foi ! [le russe dit : ‘à mon incroyance’] ».
 
Comment comprendre ce « Je crois, viens en aide à mon incroyance » ? Est-ce qu’il croit, ou est-ce qu’il continue à ne pas croire ? Sans doute, en voyant que le Seigneur ne se détourne pas de lui, mais au contraire, lui donne l’espoir du salut qui est directement dépendant de sa foi, le père, dans un accès de désespoir, s’accroche à la possibilité qui lui est offerte et s’exclame : « Je crois, Seigneur ! ». Mais au moment même où il a prononcé ces paroles, il a senti, ou plutôt il a pris conscience de tout son être, que ces paroles rendent un son faux dans sa bouche, comme ces paroles correspondent peu à sa vie, comme il est loin de Dieu et de la foi. Et il rectifie aussitôt : « Viens en aide à mon incroyance ! ».
 
Qu’y a-t-il de remarquable dans l’Évangile d’aujourd’hui ? D’habitude, le Seigneur accomplit un miracle en réponse à un témoignage de foi ; or en guérissant l’enfant démoniaque, le Seigneur accomplit un miracle en réponse à une confession d’incroyance. Pourquoi ? Parce qu’en reconnaissant son incroyance et en demandant l’aide du Sauveur, le père fait le premier pas sur le chemin de la foi. Ce n’est encore que le plus petit pas, que le tout premier pas, mais le Seigneur l’accueille.
 
Juste après, le Seigneur dit qu’il faut avoir la foi, ne serait-ce que comme un grain de sénevé. Pourquoi le Seigneur compare-t-il la foi à une petite graine de moutarde ? Parce que cette petite graine, si petite qu’elle soit, a tendance à croître, elle a tendance à grandir, elle a, à l’intérieur d’elle-même, une impulsion qui va finir par rompre la semence pour en faire sortir quelque chose de beaucoup plus grand. Et la foi doit être inspirée par une impulsion, la foi vivante est toujours en mouvement, dans le désir de se dépasser et en tâchant de s’ouvrir le plus résolument possible au Christ.
 
C’est précisément cette foi comme impulsion, cette foi comme rupture avec son passé que le père a manifestée, et en réponse, pour s’affermir dans sa nouvelle vie, le père reçoit son fils miraculeusement guéri par le Christ.

Date de création : 09/09/2013 @ 11:00
Dernière modification : 09/09/2013 @ 11:00
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