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Paralytique
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Archiprêtre Léonide Grilikhès

Dimanche du Paralytique

Chers frères et sœurs,
 
La lecture de l’Evangile selon saint Jean est consacrée aujourd’hui au paralytique. A Jérusalem, au nord du Mont du Temple, on peut voir encore aujourd’hui un grand réservoir d’eau qui s’appelait Béthesda, ce qui en hébreu signifie la Maison de la Miséricorde. Il y avait là cinq portiques couverts à l’ombre desquels étaient continuellement étendus une multitude de malades parce que, comme le raconte l’évangéliste, de temps en temps, l’Ange du Seigneur descendait troubler l’eau et le premier qui s’y plongeait recevait la guérison. Parmi les malades il y avait aussi ce paralytique qui, depuis 38 ans, demeurait dans sa maladie. Et le Seigneur, en le voyant, le guérit.
 
Aujourd’hui nous nous réjouissons encore et encore de la miséricorde de Dieu, nous demandons que le Seigneur guérisse aussi nos âmes paralysées, mais en même temps nous sommes bien obligés d’entendre que le récit évangélique contient aussi des traits inquiétants.
 
D’abord, quand le Sauveur demande au paralytique : Veux-tu guérir ? L’homme lui répond : « Oui, Seigneur ». Et il semblerait qu’on pourrait ajouter : « Oui bien sûr, je le veux ». Mais le paralytique continue : « Je n’ai personne… » : c’est-à-dire il n’y a personne qui pourrait m’aider en me plongeant dans l’eau. En entendant cela, on sent qu’il est vexé, qu’il en veut au monde entier, à tous ces gens bien portants qui jouissent de la vie et qui sont coupables de ce que lui, depuis de nombreuses années, est enferré dans sa maladie.
 
Mais pourquoi tous passent-ils leur chemin ? On peut se souvenir d’un autre paralytique qui, lui, a trouvé quatre amis pour le porter à travers toute la ville, pour le hisser sur le toit et le faire descendre aux pieds du Sauveur. Or celui-ci, voici trente-huit ans que personne, personne n’a voulu compatir à sa souffrance. Et cela aussi nous met en garde, dans ce récit.
 
Ensuite, nous voyons que quand les Juifs s’insurgent contre cette guérison un jour de sabbat, le paralytique est prêt à leur livrer son Guérisseur, et s’il ne peut pas le faire, c’est parce que « Jésus avait disparu dans la foule ».
 
Quand plus tard le Seigneur le rencontre dans le Temple, Lui le Seigneur lui dit : « Te voilà guéri, ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire. » Mais le paralytique (ce qui paraît déjà complètement fou) va dire aux Juifs que celui qui l’a guéri est Jésus.
 
C’est là-dessus que se termine la narration évangélique, mais la tradition ecclésiale, qui est fixée en particulier dans le Synaxaire[1], continue cette histoire. Le Synaxaire donne le nom de cet homme, on l’appelait Iar, et il dit que cet homme est devenu un domestique du grand-prêtre (c’est-à-dire qu’il a rapidement « fait carrière », qu’il « est arrivé »). Et quand le grand-prêtre interroge Jésus sur son enseignement, et que Jésus répond qu’Il a toujours enseigné le peuple dans le Temple au grand jour et qu’Il n’a rien dit en secret, c’est précisément lui, Iar, qui frappe à la joue le Sauveur en disant : « Est-ce ainsi que tu réponds au grand-prêtre ? »
 
Dans l’Evangile, il y a beaucoup d’exemples où le miracle de la guérison devient le début d’une vie nouvelle, où la conscience de la proximité de Dieu et de sa miséricorde infinie prête à descendre jusqu’au malheur, jusqu’à la maladie, jusqu’à la faiblesse humaine, bouleversait la vie de l’homme, où l’homme, instruit par le miracle et guéri, se tournait vers son Auteur et Le remerciait, par le désir d’être toujours à ses côtés, de ne pas se séparer de Lui, de Le servir.
 
Mais la lecture d’aujourd’hui doit nous remplir d’effroi. Le paralytique reçoit la santé qu’il avait attendue si longtemps, et pour vivre bien, il est prêt à trahir Celui qui l’a guéri. Il a été paralysé trente-huit ans et toutes ces années, la santé a été pour lui une divinité. Recevant la santé, il y mord à belles dents ; la santé lui a ouvert les portes du monde, lui promet le bien-être, et pour cela il est prêt à tout : à la bassesse, la trahison, l’insensibilité. Il trahit et gifle Celui qui l’a guéri et, pour avoir profité de cette vie qui n’a qu’un temps, il périt, comme l’affirme le Synaxaire, il périt à la vie éternelle.
 

[1] Le Synaxaire est un recueil de renseignements historiques sur la fête ou sur un saint. Les Synaxaires se trouvent dans les ménées ou dans le triode de Carême ou le Pentecostaire pour toutes les fêtes, commençant par le dimanche du pharisien et du publicain et jusqu’au dimanche de tous les saints. On les trouve d’habitude après la 6e ode du canon de la fête, après le kondakion et l’ikos (ou les tropaires). Si le canon ne comporte que 3 ou que 2 odes, le synaxaire se trouve avant l’avant-dernière ode.

Date de création : 01/06/2013 @ 17:17
Dernière modification : 01/06/2013 @ 17:22
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