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Prêche de l'exil d' Adam
Archiprêtre Léonide Grilikhès
 
 
HOMÉLIE DU DIMANCHE DE L’EXPULSION D’ADAM
 
La semaine dernière, notre attention était tournée vers le dernier jour, vers le Jugement dernier, mais aujourd’hui au contraire nous nous tournons vers le tout début de l’histoire : à la veille du Grand carême, l’Eglise se souvient de l’expulsion d’Adam du paradis.
 
L’histoire du premier homme Adam nous intéresse non pas par pure curiosité, mais précisément parce qu’elle nous permet de comprendre quelque chose de très important sur nous-mêmes, sur ce à quoi nous sommes destinés et sur notre nature humaine.
 
Dans les premières pages de la Bible, on nous parle de la création du monde. Se soumettant au Verbe Créateur, apparaissent le ciel, la terre, les mers, tout le monde végétal et animal. Toutes les créatures correspondent au dessein de Dieu et pour cette raison elles sont extrêmement parfaites, mais à la fin, Dieu a voulu créer la perfection sans limites, et alors Il a créé l’homme.
 
Si toutes les créatures créées par Dieu, physiques ou animées, correspondaient parfaitement au dessein du Créateur, alors pour l’homme la perfection est présupposée non de l’ordre du donné, mais comme une tâche à réaliser.
 
L’homme vient au monde ayant une tâche, une mission particulière. Cette mission le mène plus loin, au-delà des limites de la créature. Etant le dernier et le plus parfait des maillons dans la chaîne des créatures, l’homme devait unir en lui le monde créé avec son Créateur.
 
Et voici les paradoxes de l’existence humaine : Adam est la créature la plus parfaite, mais il est la seule de toutes les créatures à n’être pas autosuffisante dans son donné. Il est le plus parfait, mais il est incomplet. Et le deuxième paradoxe est que l’homme a une tâche qui dépasse de beaucoup ses forces, qui sort du cadre de sa nature, de ses possibilités. Il doit compléter sa nature par la nature Divine. Mais l’homme ne peut pas de lui-même atteindre Dieu, la sanctification par la vie Divine, l’homme peut la recevoir uniquement comme un don, comme un don du Créateur Lui-même.
 
Alors, que reste-t-il à l’homme ? Il ne lui reste qu’à attendre. Attendre en manifestant sa patience. « La patience » est pour nous l’un des mots les plus importants. Ce n’est pas par hasard que le Seigneur dit : « Par la patience vous sauverez vos âmes » [Lc 21,19] et ailleurs : « celui qui aura tenu bon jusqu’au bout sera sauvé ». [Mt 10,22]. Attendre avec patience, cela veut dire ne pas perdre l’espoir, cela veut dire conserver l’espérance, et surtout, conserver la fidélité à Dieu (qui chez Adam avait été mise à l’épreuve par l’observance d’un seul commandement : ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance).
 
En outre, Adam avait reçu la parole. Par cette parole il pouvait exprimer sa nostalgie de Dieu, Lui manifester son amour, croire en sa fidélité, demander que lui soit accordé le don inaliénable de la grâce. Et de nouveau, le Seigneur dit : « demandez et vous recevrez ».
 
Ainsi donc, le Seigneur attendait d’Adam le labeur spirituel, qui consistait en l’attente avec patience et prière. Mais dans l’état d’attente, le tentateur vient trouver l’homme et lui dit : « Tu peux toi-même devenir comme Dieu, à quoi bon attendre, à quoi bon travailler, il te suffit de manger du fruit et du passeras aussitôt à un autre état ». Cela ressemble à un narcotique, qui promet lui aussi une expérience nouvelle, l’inspiration du génie, etc. mais se révèle une séduction, une tromperie, et tout cela se termine par un fiasco total et des vies brisées…
 
Le tentateur dit à Adam : « Tu mangeras du fruit et tes yeux s’ouvriront, et tu verrras que tu es devenu comme Dieu ». Adam mangea, ses yeux s’ouvrirent, mais il vit seulement qu’il était nu : il s’était privé de la protection divine et de son audace devant Dieu.
 
Mais ce qu’Adam n’avait pu faire, le Christ, que l’apôtre Paul appelle le Nouvel Adam, l’a fait. Il a uni en Lui les deux natures—divine et humaine—Il a été en tout obéissant à la volonté de Son Père. Adam demeurait dans le paradis, mais même dans cet état de béatitude, il n’a pas pu obvserver fidèlement la volonté de Dieu. Le Christ est passé par la trahison, les tortures, l’abaissement, mais avant la mort, l’exécution sur la Croix, Il se tourne vers Dieu le Père et dit : « Que Ta volonté soit faite ». Et obéissant à la volonté du Père jusqu’à la mort sur la Croix, Il rachète le péché d’Adam et Il fonde sur terre l’Eglise où chacun, s’appuyant sur les Sacrements, c’est-à-dire sur le Christ Lui-même, peut passer par le chemin sur lequel autrefois Adam a trébuché.
 

Date de création : 24/03/2013 @ 08:50
Dernière modification : 15/06/2013 @ 22:18
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